{"id":528,"date":"2023-09-14T21:59:33","date_gmt":"2023-09-14T21:59:33","guid":{"rendered":"https:\/\/arepo.lescriptorium.ch\/?p=528"},"modified":"2023-09-15T05:23:00","modified_gmt":"2023-09-15T05:23:00","slug":"tri-de-documents-anticipation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arepo.xyz\/?p=528","title":{"rendered":"Tri de documents (anticipation)"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Objectif de l&rsquo;exercice<\/h2>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>D\u00e9finir la situation d&rsquo;\u00e9nonciation d&rsquo;un texte en en identifiant l&rsquo;\u00e9metteur mais aussi le r\u00e9cepteur.<\/li>\n\n\n\n<li>Clarifier la distinction entre auteur et narrateur<\/li>\n\n\n\n<li>D\u00e9finir les particularit\u00e9s g\u00e9n\u00e9riques du r\u00e9cit d&rsquo;anticipation<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">D\u00e9roulement de l&rsquo;exercice<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">60 minutes<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par groupes (de 4-6 personnes), les \u00e9l\u00e8ves prennent connaissance des documents propos\u00e9s puis s&rsquo;organisent pour remplir, dans le temps imparti, les fiches destin\u00e9es \u00e0 pr\u00e9senter chacun des documents.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/www.lescriptorium.ch\/images\/docus\/tri_de_textes_anticipation_new.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Extraits de textes<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.lescriptorium.ch\/images\/docus\/Fiche_de_presentation_du_document2.pdf\" target=\"_blank\">Fiche de pr\u00e9sentation<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">30 minutes<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chaque groupe donne une d\u00e9finition et les principales caract\u00e9ristiques du r\u00e9cit d&rsquo;anticipation en le distinguant d&rsquo;autres formes de r\u00e9cits et d&rsquo;autres textes envisageant le futur.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-inline-spoilers-block\"><div class=\"spoiler-wrap\"><div class=\"spoiler-head collapsed\" title=\"Expand\">Document 1 (Pierre Bordage)<\/div><div class=\"spoiler-body\" style=\"display:none\">Un taxi automatique a\u00e9rien, un AA, s&rsquo;est pos\u00e9 devant moi. Une voix suave m&rsquo;a demand\u00e9 o\u00f9 je d\u00e9sirais me rendre.<br\/>&#8211; Europe de l&rsquo;Ouest, ai-je r\u00e9pondu, r\u00e9gion de France, ville de Blois.<br\/>Des robots ont charg\u00e9 mes bagages dans la soute. Je n&rsquo;avais pas crois\u00e9 un seul \u00eatre humain depuis l&rsquo;atterrissage de la navette. O\u00f9 donc \u00e9taient pass\u00e9s les hommes ? Peut-\u00eatre la chaleur les retenait-elle chez eux ?<br\/>&#8211; Temp\u00e9rature ext\u00e9rieure 49 degr\u00e9s, arriv\u00e9e \u00e0 Blois, r\u00e9gion France, continent Europe, pr\u00e9vue dans une heure trente, a pr\u00e9cis\u00e9 la voix m\u00e9lodieuse.<br\/>Le taxi AA s&rsquo;est \u00e9lev\u00e9 dans la lumi\u00e8re aveuglante du jour. J\u2019ai vu, par la vitre teint\u00e9e, l&rsquo;astroport se fondre dans les ocres et les rouges du d\u00e9sert saharien. J\u2019ai alors pr\u00e9sum\u00e9 que seules les machines pouvaient vivre dans une telle fournaise et que je retrouverais les hommes dans les zones temp\u00e9r\u00e9es. Rassur\u00e9, \u00e9puis\u00e9 par les sensations et les \u00e9motions, je me suis assoupi dans la fra\u00eecheur climatis\u00e9e de l&rsquo;AA.<br\/>La gare de Blois \u00e9tait, elle aussi, d\u00e9serte. Du ciel sombre tombait un crachin tenace qui se posait sur les cheveux et les \u00e9paules comme une mantille aux mailles serr\u00e9es. La ville ne ressemblait pas \u00e0 celle de mes souvenirs. J\u2019ai eu l&rsquo;impression, un moment, que le taxi AA s&rsquo;\u00e9tait tromp\u00e9 d&rsquo;endroit. Ou que la navette m&rsquo;avait d\u00e9pos\u00e9 sur la mauvaise plan\u00e8te.<br\/>&#8211; Blois. Heure locale : 15 h 15. Temp\u00e9rature ext\u00e9rieure : 13 degr\u00e9s.<br\/>La voix n&rsquo;a exig\u00e9 aucun paiement, comme si l&rsquo;argent n&rsquo;avait plus cours dans le vieux monde. Deux robots ont d\u00e9charg\u00e9 mes malles et les ont pos\u00e9es sur un chariot automatique qui m&rsquo;a suivi dans chacun de mes mouvements. Dehors, je n&rsquo;ai absolument rien reconnu, ni les maisons, ni les places, ni la v\u00e9g\u00e9tation. Les orgueilleuses maisons qui se dressaient jadis de chaque c\u00f4t\u00e9 des rues avaient \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9es par des constructions arrondies et basses totalement d\u00e9pourvues de fen\u00eatres. Les habitations de T\u00e9thys, bien que simples et modestes, avaient davantage d&rsquo;allure que ces sinistres bunkers en partie enterr\u00e9s.<br\/>Un taxi automatique local, un AL, s&rsquo;est d\u00e9rout\u00e9 vers moi et m&rsquo;a propos\u00e9 de me conduire \u00e0 la destination de mon choix. Je lui ai donn\u00e9 l&rsquo;adresse de mes parents et me suis install\u00e9 sur la banquette pendant que les robots disposaient mes malles dans le coffre et sur le toit. La r\u00e9alit\u00e9 ne collait pas \u00e0 mes r\u00eaves.<br\/><br\/>Pierre Bordage,\u00a0<em>Dans le regard des miens<\/em>, 2007<\/div><noscript><div class=\"spoiler-body\">Un taxi automatique a\u00e9rien, un AA, s&rsquo;est pos\u00e9 devant moi. Une voix suave m&rsquo;a demand\u00e9 o\u00f9 je d\u00e9sirais me rendre.<br\/>&#8211; Europe de l&rsquo;Ouest, ai-je r\u00e9pondu, r\u00e9gion de France, ville de Blois.<br\/>Des robots ont charg\u00e9 mes bagages dans la soute. Je n&rsquo;avais pas crois\u00e9 un seul \u00eatre humain depuis l&rsquo;atterrissage de la navette. O\u00f9 donc \u00e9taient pass\u00e9s les hommes ? Peut-\u00eatre la chaleur les retenait-elle chez eux ?<br\/>&#8211; Temp\u00e9rature ext\u00e9rieure 49 degr\u00e9s, arriv\u00e9e \u00e0 Blois, r\u00e9gion France, continent Europe, pr\u00e9vue dans une heure trente, a pr\u00e9cis\u00e9 la voix m\u00e9lodieuse.<br\/>Le taxi AA s&rsquo;est \u00e9lev\u00e9 dans la lumi\u00e8re aveuglante du jour. J\u2019ai vu, par la vitre teint\u00e9e, l&rsquo;astroport se fondre dans les ocres et les rouges du d\u00e9sert saharien. J\u2019ai alors pr\u00e9sum\u00e9 que seules les machines pouvaient vivre dans une telle fournaise et que je retrouverais les hommes dans les zones temp\u00e9r\u00e9es. Rassur\u00e9, \u00e9puis\u00e9 par les sensations et les \u00e9motions, je me suis assoupi dans la fra\u00eecheur climatis\u00e9e de l&rsquo;AA.<br\/>La gare de Blois \u00e9tait, elle aussi, d\u00e9serte. Du ciel sombre tombait un crachin tenace qui se posait sur les cheveux et les \u00e9paules comme une mantille aux mailles serr\u00e9es. La ville ne ressemblait pas \u00e0 celle de mes souvenirs. J\u2019ai eu l&rsquo;impression, un moment, que le taxi AA s&rsquo;\u00e9tait tromp\u00e9 d&rsquo;endroit. Ou que la navette m&rsquo;avait d\u00e9pos\u00e9 sur la mauvaise plan\u00e8te.<br\/>&#8211; Blois. Heure locale : 15 h 15. Temp\u00e9rature ext\u00e9rieure : 13 degr\u00e9s.<br\/>La voix n&rsquo;a exig\u00e9 aucun paiement, comme si l&rsquo;argent n&rsquo;avait plus cours dans le vieux monde. Deux robots ont d\u00e9charg\u00e9 mes malles et les ont pos\u00e9es sur un chariot automatique qui m&rsquo;a suivi dans chacun de mes mouvements. Dehors, je n&rsquo;ai absolument rien reconnu, ni les maisons, ni les places, ni la v\u00e9g\u00e9tation. Les orgueilleuses maisons qui se dressaient jadis de chaque c\u00f4t\u00e9 des rues avaient \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9es par des constructions arrondies et basses totalement d\u00e9pourvues de fen\u00eatres. Les habitations de T\u00e9thys, bien que simples et modestes, avaient davantage d&rsquo;allure que ces sinistres bunkers en partie enterr\u00e9s.<br\/>Un taxi automatique local, un AL, s&rsquo;est d\u00e9rout\u00e9 vers moi et m&rsquo;a propos\u00e9 de me conduire \u00e0 la destination de mon choix. Je lui ai donn\u00e9 l&rsquo;adresse de mes parents et me suis install\u00e9 sur la banquette pendant que les robots disposaient mes malles dans le coffre et sur le toit. La r\u00e9alit\u00e9 ne collait pas \u00e0 mes r\u00eaves.<br\/><br\/>Pierre Bordage,\u00a0<em>Dans le regard des miens<\/em>, 2007<\/div><\/noscript><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-inline-spoilers-block\"><div class=\"spoiler-wrap\"><div class=\"spoiler-head collapsed\" title=\"Expand\">Document 2 (Jules Verne)<\/div><div class=\"spoiler-body\" style=\"display:none\">Les hommes de ce XXIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle vivent au milieu d\u2019une f\u00e9erie continuelle, sans avoir l\u2019air de s\u2019en douter. Blas\u00e9s sur les merveilles, ils restent froids devant celles que le progr\u00e8s leur apporte chaque jour. Tout leur semble naturel. S\u2019ils la comparaient au pass\u00e9, ils appr\u00e9cieraient mieux notre civilisation, et ils se rendraient compte du chemin parcouru. Combien leur appara\u00eetraient plus admirables nos cit\u00e9s modernes aux voies larges de cent m\u00e8tres, aux maisons hautes de trois cents, \u00e0 la temp\u00e9rature toujours \u00e9gale, au ciel sillonn\u00e9 par des milliers d\u2019a\u00e9ro-cars et d\u2019a\u00e9ro-omnibus\u00a0! Aupr\u00e8s de ces villes, dont la population atteint parfois jusqu\u2019\u00e0 dix millions d\u2019habitants, qu\u2019\u00e9taient ces villages, ces hameaux d\u2019il y a mille ans, ces Paris, ces Londres, ces Berlin, ces New-York, bourgades mal a\u00e9r\u00e9es et boueuses, o\u00f9 circulaient des caisses cahotantes, tra\u00een\u00e9es par des chevaux, \u2014 oui\u00a0! des chevaux\u00a0! c\u2019est \u00e0 ne pas le croire\u00a0! S\u2019ils se repr\u00e9sentaient le d\u00e9fectueux fonctionnement des paquebots et des chemins de fer, leurs collisions fr\u00e9quentes leur lenteur aussi, quel prix les voyageurs n\u2019attacheraient-ils pas aux a\u00e9ro-trains, et surtout \u00e0 ces tubes pneumatiques, jet\u00e9s \u00e0 travers les oc\u00e9ans, et dans lesquels on les transporte avec une vitesse de quinze cents kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019heure\u00a0? Enfin ne jouirait-on pas mieux du t\u00e9l\u00e9phone et du t\u00e9l\u00e9phote, en se disant que nos p\u00e8res en \u00e9taient r\u00e9duits \u00e0 cet appareil ant\u00e9diluvien qu\u2019ils appelaient le \u00ab\u00a0t\u00e9l\u00e9graphe\u00a0\u00bb\u00a0?<br\/>Chose \u00e9trange\u00a0! Ces surprenantes transformations reposent sur des principes parfaitement connus de nos a\u00efeux, qui n\u2019en tiraient, pour ainsi dire, aucun parti. En effet, la chaleur, la vapeur, l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, sont aussi vieilles que l\u2019homme. \u00c0 la fin du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, les savants n\u2019affirmaient-ils pas d\u00e9j\u00e0 que la seule diff\u00e9rence entre les forces physiques et chimiques r\u00e9side dans un mode de vibration, propre \u00e0 chacune d\u2019elles, des particules \u00e9th\u00e9riques\u00a0?<br\/>Puisqu\u2019on avait fait ce pas \u00e9norme de reconna\u00eetre la parent\u00e9 de toutes ces forces, il est vraiment inconcevable qu\u2019il ait fallu un temps si long pour arriver \u00e0 d\u00e9terminer chacun des modes de vibration qui les diff\u00e9rencient. Il est extraordinaire, surtout, que le moyen de passer directement de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre et de les produire les uns sans les autres ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert tout r\u00e9cemment.<br\/>C\u2019est cependant ainsi que les choses se sont pass\u00e9es, et c\u2019est seulement en 2790, il y a cent ans, que le c\u00e9l\u00e8bre Oswald Nyer y est parvenu.<br\/><br\/>Jules Verne,<em>\u00a0La journ\u00e9e d&rsquo;un journaliste am\u00e9ricain en 2889<\/em>, 1889<\/div><noscript><div class=\"spoiler-body\">Les hommes de ce XXIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle vivent au milieu d\u2019une f\u00e9erie continuelle, sans avoir l\u2019air de s\u2019en douter. Blas\u00e9s sur les merveilles, ils restent froids devant celles que le progr\u00e8s leur apporte chaque jour. Tout leur semble naturel. S\u2019ils la comparaient au pass\u00e9, ils appr\u00e9cieraient mieux notre civilisation, et ils se rendraient compte du chemin parcouru. Combien leur appara\u00eetraient plus admirables nos cit\u00e9s modernes aux voies larges de cent m\u00e8tres, aux maisons hautes de trois cents, \u00e0 la temp\u00e9rature toujours \u00e9gale, au ciel sillonn\u00e9 par des milliers d\u2019a\u00e9ro-cars et d\u2019a\u00e9ro-omnibus\u00a0! Aupr\u00e8s de ces villes, dont la population atteint parfois jusqu\u2019\u00e0 dix millions d\u2019habitants, qu\u2019\u00e9taient ces villages, ces hameaux d\u2019il y a mille ans, ces Paris, ces Londres, ces Berlin, ces New-York, bourgades mal a\u00e9r\u00e9es et boueuses, o\u00f9 circulaient des caisses cahotantes, tra\u00een\u00e9es par des chevaux, \u2014 oui\u00a0! des chevaux\u00a0! c\u2019est \u00e0 ne pas le croire\u00a0! S\u2019ils se repr\u00e9sentaient le d\u00e9fectueux fonctionnement des paquebots et des chemins de fer, leurs collisions fr\u00e9quentes leur lenteur aussi, quel prix les voyageurs n\u2019attacheraient-ils pas aux a\u00e9ro-trains, et surtout \u00e0 ces tubes pneumatiques, jet\u00e9s \u00e0 travers les oc\u00e9ans, et dans lesquels on les transporte avec une vitesse de quinze cents kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019heure\u00a0? Enfin ne jouirait-on pas mieux du t\u00e9l\u00e9phone et du t\u00e9l\u00e9phote, en se disant que nos p\u00e8res en \u00e9taient r\u00e9duits \u00e0 cet appareil ant\u00e9diluvien qu\u2019ils appelaient le \u00ab\u00a0t\u00e9l\u00e9graphe\u00a0\u00bb\u00a0?<br\/>Chose \u00e9trange\u00a0! Ces surprenantes transformations reposent sur des principes parfaitement connus de nos a\u00efeux, qui n\u2019en tiraient, pour ainsi dire, aucun parti. En effet, la chaleur, la vapeur, l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, sont aussi vieilles que l\u2019homme. \u00c0 la fin du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, les savants n\u2019affirmaient-ils pas d\u00e9j\u00e0 que la seule diff\u00e9rence entre les forces physiques et chimiques r\u00e9side dans un mode de vibration, propre \u00e0 chacune d\u2019elles, des particules \u00e9th\u00e9riques\u00a0?<br\/>Puisqu\u2019on avait fait ce pas \u00e9norme de reconna\u00eetre la parent\u00e9 de toutes ces forces, il est vraiment inconcevable qu\u2019il ait fallu un temps si long pour arriver \u00e0 d\u00e9terminer chacun des modes de vibration qui les diff\u00e9rencient. Il est extraordinaire, surtout, que le moyen de passer directement de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre et de les produire les uns sans les autres ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert tout r\u00e9cemment.<br\/>C\u2019est cependant ainsi que les choses se sont pass\u00e9es, et c\u2019est seulement en 2790, il y a cent ans, que le c\u00e9l\u00e8bre Oswald Nyer y est parvenu.<br\/><br\/>Jules Verne,<em>\u00a0La journ\u00e9e d&rsquo;un journaliste am\u00e9ricain en 2889<\/em>, 1889<\/div><\/noscript><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-inline-spoilers-block\"><div class=\"spoiler-wrap\"><div class=\"spoiler-head collapsed\" title=\"Expand\">Document 3 (Jules Verne)<\/div><div class=\"spoiler-body\" style=\"display:none\">La foule encombrait les rues\u00a0; la nuit commen\u00e7ait \u00e0 venir\u00a0; les magasins somptueux projetaient au loin des \u00e9clats de lumi\u00e8re \u00e9lectrique\u00a0; les cand\u00e9labres \u00e9tablis d&rsquo;apr\u00e8s le syst\u00e8me Way par l&rsquo;\u00e9lectrisation d&rsquo;un filet de mercure, rayonnaient avec une incomparable clart\u00e9\u00a0; ils \u00e9taient r\u00e9unis au moyen de fils souterrains\u00a0: au m\u00eame moment, les cent mille lanternes de Paris s&rsquo;allumaient d&rsquo;un seul coup.<br\/>Cependant, quelques boutiques arri\u00e9r\u00e9es demeuraient fid\u00e8les au vieux gaz hydrocarbur\u00e9\u00a0; l&rsquo;exploitation de houill\u00e8res nouvelles permettait de le livrer, il est vrai, \u00e0 dix centimes le m\u00e8tre cube\u00a0; mais la compagnie faisait des gains consid\u00e9rables, surtout en le r\u00e9pandant comme agent m\u00e9canique.<br\/>En effet, de ces innombrables voitures qui sillonnaient la chauss\u00e9e des boulevards, le plus grand nombre marchait sans chevaux\u00a0; elles se mouvaient par une force invisible, au moyen d&rsquo;un moteur \u00e0 air dilat\u00e9 par la combustion du gaz. C&rsquo;\u00e9tait la machine Lenoir appliqu\u00e9e \u00e0 la locomotion.<br\/>Cette machine, invent\u00e9e en 1859, avait pour premier avantage de supprimer chaudi\u00e8re, foyer et combustible\u00a0; un peu de gaz d&rsquo;\u00e9clairage, m\u00eal\u00e9 \u00e0 de l&rsquo;air introduit sous le piston et enflamm\u00e9 par l&rsquo;\u00e9tincelle \u00e9lectrique, produisait le mouvement\u00a0; des bornes-gaz \u00e9tablies aux diverses stations de voitures fournissaient l&rsquo;hydrog\u00e8ne n\u00e9cessaire\u00a0; des perfectionnements nouveaux avaient permis de supprimer l&rsquo;eau destin\u00e9e autrefois \u00e0 refroidir le cylindre de la machine.<br\/>Celle-ci \u00e9tait donc facile, simple et maniable\u00a0; le m\u00e9canicien, assis sur son si\u00e8ge, guidait une roue directrice\u00a0; une p\u00e9dale, plac\u00e9e sous son pied, lui permettait de modifier instantan\u00e9ment la marche du v\u00e9hicule.<br\/>Les voitures de la force d&rsquo;un cheval-vapeur, ne co\u00fbtaient pas par jour le prix d&rsquo;un huiti\u00e8me de cheval\u00a0; la d\u00e9pense du gaz, contr\u00f4l\u00e9e d&rsquo;une fa\u00e7on pr\u00e9cise, permettait de calculer le travail utile de chaque voiture, et la Compagnie ne pouvait plus \u00eatre tromp\u00e9e comme autrefois par ses cochers.<br\/>Ces gaz-cabs faisaient une grande consommation d&rsquo;hydrog\u00e8ne, sans parler de ces \u00e9normes haquets, charg\u00e9s de pierre et de mat\u00e9riaux, qui d\u00e9ployaient des forces de vingt \u00e0 trente chevaux. Ce syst\u00e8me Lenoir avait aussi l&rsquo;avantage de ne rien co\u00fbter pendant les heures de repos, \u00e9conomie impossible \u00e0 r\u00e9aliser avec les machines \u00e0 vapeur, qui d\u00e9vorent leur combustible m\u00eame aux temps d&rsquo;arr\u00eat.<br\/>Les moyens de transport \u00e9taient donc rapides dans les rues moins encombr\u00e9es qu&rsquo;autrefois, car une ordonnance du minist\u00e8re de la Police interdisait \u00e0 toute charrette, fardier ou camion, de circuler apr\u00e8s dix heures du matin, si ce n&rsquo;est sur certaines voies r\u00e9serv\u00e9e.<br\/>(&#8230;)<br\/>Il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 fort surpris sans doute\u00a0; mais les hommes de 1960 n&rsquo;en \u00e9taient plus \u00e0 l&rsquo;admiration de ces merveilles\u00a0; ils en profitaient tranquillement, sans \u00eatre plus heureux, car, \u00e0 leur allure press\u00e9e, \u00e0 leur d\u00e9marche h\u00e2tive, \u00e0 leur fougue am\u00e9ricaine, on sentait que les d\u00e9mons de la fortune les poussait sans rel\u00e2che ni merci.<br\/><br\/>Jules Verne, Paris au XXe si\u00e8cle, 1863<\/div><noscript><div class=\"spoiler-body\">La foule encombrait les rues\u00a0; la nuit commen\u00e7ait \u00e0 venir\u00a0; les magasins somptueux projetaient au loin des \u00e9clats de lumi\u00e8re \u00e9lectrique\u00a0; les cand\u00e9labres \u00e9tablis d&rsquo;apr\u00e8s le syst\u00e8me Way par l&rsquo;\u00e9lectrisation d&rsquo;un filet de mercure, rayonnaient avec une incomparable clart\u00e9\u00a0; ils \u00e9taient r\u00e9unis au moyen de fils souterrains\u00a0: au m\u00eame moment, les cent mille lanternes de Paris s&rsquo;allumaient d&rsquo;un seul coup.<br\/>Cependant, quelques boutiques arri\u00e9r\u00e9es demeuraient fid\u00e8les au vieux gaz hydrocarbur\u00e9\u00a0; l&rsquo;exploitation de houill\u00e8res nouvelles permettait de le livrer, il est vrai, \u00e0 dix centimes le m\u00e8tre cube\u00a0; mais la compagnie faisait des gains consid\u00e9rables, surtout en le r\u00e9pandant comme agent m\u00e9canique.<br\/>En effet, de ces innombrables voitures qui sillonnaient la chauss\u00e9e des boulevards, le plus grand nombre marchait sans chevaux\u00a0; elles se mouvaient par une force invisible, au moyen d&rsquo;un moteur \u00e0 air dilat\u00e9 par la combustion du gaz. C&rsquo;\u00e9tait la machine Lenoir appliqu\u00e9e \u00e0 la locomotion.<br\/>Cette machine, invent\u00e9e en 1859, avait pour premier avantage de supprimer chaudi\u00e8re, foyer et combustible\u00a0; un peu de gaz d&rsquo;\u00e9clairage, m\u00eal\u00e9 \u00e0 de l&rsquo;air introduit sous le piston et enflamm\u00e9 par l&rsquo;\u00e9tincelle \u00e9lectrique, produisait le mouvement\u00a0; des bornes-gaz \u00e9tablies aux diverses stations de voitures fournissaient l&rsquo;hydrog\u00e8ne n\u00e9cessaire\u00a0; des perfectionnements nouveaux avaient permis de supprimer l&rsquo;eau destin\u00e9e autrefois \u00e0 refroidir le cylindre de la machine.<br\/>Celle-ci \u00e9tait donc facile, simple et maniable\u00a0; le m\u00e9canicien, assis sur son si\u00e8ge, guidait une roue directrice\u00a0; une p\u00e9dale, plac\u00e9e sous son pied, lui permettait de modifier instantan\u00e9ment la marche du v\u00e9hicule.<br\/>Les voitures de la force d&rsquo;un cheval-vapeur, ne co\u00fbtaient pas par jour le prix d&rsquo;un huiti\u00e8me de cheval\u00a0; la d\u00e9pense du gaz, contr\u00f4l\u00e9e d&rsquo;une fa\u00e7on pr\u00e9cise, permettait de calculer le travail utile de chaque voiture, et la Compagnie ne pouvait plus \u00eatre tromp\u00e9e comme autrefois par ses cochers.<br\/>Ces gaz-cabs faisaient une grande consommation d&rsquo;hydrog\u00e8ne, sans parler de ces \u00e9normes haquets, charg\u00e9s de pierre et de mat\u00e9riaux, qui d\u00e9ployaient des forces de vingt \u00e0 trente chevaux. Ce syst\u00e8me Lenoir avait aussi l&rsquo;avantage de ne rien co\u00fbter pendant les heures de repos, \u00e9conomie impossible \u00e0 r\u00e9aliser avec les machines \u00e0 vapeur, qui d\u00e9vorent leur combustible m\u00eame aux temps d&rsquo;arr\u00eat.<br\/>Les moyens de transport \u00e9taient donc rapides dans les rues moins encombr\u00e9es qu&rsquo;autrefois, car une ordonnance du minist\u00e8re de la Police interdisait \u00e0 toute charrette, fardier ou camion, de circuler apr\u00e8s dix heures du matin, si ce n&rsquo;est sur certaines voies r\u00e9serv\u00e9e.<br\/>(&#8230;)<br\/>Il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 fort surpris sans doute\u00a0; mais les hommes de 1960 n&rsquo;en \u00e9taient plus \u00e0 l&rsquo;admiration de ces merveilles\u00a0; ils en profitaient tranquillement, sans \u00eatre plus heureux, car, \u00e0 leur allure press\u00e9e, \u00e0 leur d\u00e9marche h\u00e2tive, \u00e0 leur fougue am\u00e9ricaine, on sentait que les d\u00e9mons de la fortune les poussait sans rel\u00e2che ni merci.<br\/><br\/>Jules Verne, Paris au XXe si\u00e8cle, 1863<\/div><\/noscript><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-inline-spoilers-block\"><div class=\"spoiler-wrap\"><div class=\"spoiler-head collapsed\" title=\"Expand\">Document 4 (Atlan, Droit)<\/div><div class=\"spoiler-body\" style=\"display:none\">La nouvelle convergence des technologies transformera radicalement l&rsquo;existence d&rsquo;une mani\u00e8re bien sp\u00e9cifique. Quand existera la machine pensante, l&rsquo;esp\u00e8ce humaine pourra se m\u00e9tamorphoser, : l\u2019humain pourra \u00eatre augment\u00e9. En fusionnant avec les machines, nous pourrons sortir de nos limites, \u00e9tendre nos capacit\u00e9s. Le \u00ab\u00a0plus\u00a0\u00bb est le leitmotiv central du transhumanisme : \u00ab H+ \u00bb est son signe de reconnaissance.<br\/>Pour atteindre ce but, le corps serait prolong\u00e9, restructur\u00e9, investi de milliers d&rsquo;ordinateurs microscopiques. \u00c0 terme, il serait m\u00eame possible de quitter d\u00e9finitivement le corps \u00ab version 1.0 \u00bb. T\u00e9l\u00e9charger son esprit sur un disque dur, faire partie int\u00e9grante de la machine pensante garantirait une forme de vie \u00e9ternelle. Il n&rsquo;y a donc rien de miraculeux ni de surnaturel, pour les transhumanistes, dans leurs pr\u00e9visions fantastiques. Uniquement la croissance exponentielle de la puissance technologique. Pour cela, ils se fondent notamment sur la loi de Moore, du nom du cofondateur de la soci\u00e9t\u00e9 Intel, Gordon Moore, qui constatait d\u00e8s 1965 que la puissance de calcul des ordinateurs allait doubler tous les dix-huit mois environ. Cette croissance, en extrapolant sa courbe &#8211; quitte \u00e0 faire fi des contraintes incontournables des lois de la physique -, laisse pr\u00e9sager que l&rsquo;intelligence humaine sera bient\u00f4t brutalement largu\u00e9e.<br\/>La vie \u00e9volue tr\u00e8s lentement, ses m\u00e9tamorphoses se comptent par millions d&rsquo;ann\u00e9es. Au contraire, les capacit\u00e9s des ordinateurs augmentent \u00e0 un rythme vertigineux. Bient\u00f4t, les machines seraient plus intelligentes que nous, capables de penser plus vite, communiquant entre elles. Alors le monde devrait s&rsquo;attendre \u00e0 basculer.<br\/>C&rsquo;est en 2030, environ, que tout changerait. L\u2019intelligence humaine, autrefois enferm\u00e9e dans la bo\u00eete cr\u00e2nienne, limit\u00e9e aux capacit\u00e9s de notre cerveau, pourrait alors s&rsquo;installer pour de bon dans les transistors et les processeurs. En un court laps de temps, cette intelligence serait elle-m\u00eame devenue immens\u00e9ment plus puissante qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Cet av\u00e8nement d&rsquo;un univers dont on n&rsquo;a pas id\u00e9e a pour nom de code, aujourd&rsquo;hui, la \u00ab Singularit\u00e9 \u00bb.<br\/><br\/>Monique Atlan et Roger-Pol Droit,\u00a0<em>Humain une enqu\u00eate philosophique sur ces r\u00e9volutions qui changent nos vies<\/em>, 2012<\/div><noscript><div class=\"spoiler-body\">La nouvelle convergence des technologies transformera radicalement l&rsquo;existence d&rsquo;une mani\u00e8re bien sp\u00e9cifique. Quand existera la machine pensante, l&rsquo;esp\u00e8ce humaine pourra se m\u00e9tamorphoser, : l\u2019humain pourra \u00eatre augment\u00e9. En fusionnant avec les machines, nous pourrons sortir de nos limites, \u00e9tendre nos capacit\u00e9s. Le \u00ab\u00a0plus\u00a0\u00bb est le leitmotiv central du transhumanisme : \u00ab H+ \u00bb est son signe de reconnaissance.<br\/>Pour atteindre ce but, le corps serait prolong\u00e9, restructur\u00e9, investi de milliers d&rsquo;ordinateurs microscopiques. \u00c0 terme, il serait m\u00eame possible de quitter d\u00e9finitivement le corps \u00ab version 1.0 \u00bb. T\u00e9l\u00e9charger son esprit sur un disque dur, faire partie int\u00e9grante de la machine pensante garantirait une forme de vie \u00e9ternelle. Il n&rsquo;y a donc rien de miraculeux ni de surnaturel, pour les transhumanistes, dans leurs pr\u00e9visions fantastiques. Uniquement la croissance exponentielle de la puissance technologique. Pour cela, ils se fondent notamment sur la loi de Moore, du nom du cofondateur de la soci\u00e9t\u00e9 Intel, Gordon Moore, qui constatait d\u00e8s 1965 que la puissance de calcul des ordinateurs allait doubler tous les dix-huit mois environ. Cette croissance, en extrapolant sa courbe &#8211; quitte \u00e0 faire fi des contraintes incontournables des lois de la physique -, laisse pr\u00e9sager que l&rsquo;intelligence humaine sera bient\u00f4t brutalement largu\u00e9e.<br\/>La vie \u00e9volue tr\u00e8s lentement, ses m\u00e9tamorphoses se comptent par millions d&rsquo;ann\u00e9es. Au contraire, les capacit\u00e9s des ordinateurs augmentent \u00e0 un rythme vertigineux. Bient\u00f4t, les machines seraient plus intelligentes que nous, capables de penser plus vite, communiquant entre elles. Alors le monde devrait s&rsquo;attendre \u00e0 basculer.<br\/>C&rsquo;est en 2030, environ, que tout changerait. L\u2019intelligence humaine, autrefois enferm\u00e9e dans la bo\u00eete cr\u00e2nienne, limit\u00e9e aux capacit\u00e9s de notre cerveau, pourrait alors s&rsquo;installer pour de bon dans les transistors et les processeurs. En un court laps de temps, cette intelligence serait elle-m\u00eame devenue immens\u00e9ment plus puissante qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Cet av\u00e8nement d&rsquo;un univers dont on n&rsquo;a pas id\u00e9e a pour nom de code, aujourd&rsquo;hui, la \u00ab Singularit\u00e9 \u00bb.<br\/><br\/>Monique Atlan et Roger-Pol Droit,\u00a0<em>Humain une enqu\u00eate philosophique sur ces r\u00e9volutions qui changent nos vies<\/em>, 2012<\/div><\/noscript><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-inline-spoilers-block\"><div class=\"spoiler-wrap\"><div class=\"spoiler-head collapsed\" title=\"Expand\">Document 5 (Chris Debien)<\/div><div class=\"spoiler-body\" style=\"display:none\">\u00ab D\u00e9marrage. \u00bb<br\/>L\u2019ordinateur moulina quelques secondes puis laissa appara\u00eetre l\u2019ic\u00f4ne de la clef.<br\/>\u00ab Ouverture. \u00bb<br\/>Un seul fichier: De Jaeger.<br\/>\u00ab Ouverture fichier, lecture. \u00bb<br\/><em>\u00ab Le 1er janvier 2000, le monde s\u2019est r\u00e9veill\u00e9 avec une sacr\u00e9e gueule de bois. Le Bug de l\u2019an 2000, proph\u00e9tis\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es par les plus grands ing\u00e9nieurs informatiques de la plan\u00e8te et n\u00e9glig\u00e9 par les gouvernements, s\u2019est finalement produit.<\/em><br\/><em>\u00ab En quelques heures, le chaos s\u2019est install\u00e9, se propageant au fil des r\u00e9seaux d\u2019information, entra\u00eenant l\u2019effondrement d\u2019une grande partie de l\u2019\u00e9conomie mondiale : de nombreuses entreprises ont \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9es de fermer leurs portes, les banques ont \u00e9t\u00e9 prises d\u2019assaut par des clients inquiets de perdre les \u00e9conomies d\u2019une vie&#8230; Un peu partout dans le monde des milliers de vies se sont \u00e9teintes dans des catastrophes a\u00e9riennes et ferroviaires tandis que certains c\u0153urs nucl\u00e9aires se sont mis \u00e0 fondre. \u00ab Durant quelques mois, les \u00c9tats ont \u00e9t\u00e9 contraints de se refermer sur eux-m\u00eames pour panser leurs plaies et contenir les \u00e9meutes qui \u00e9clataient aux quatre coins de la plan\u00e8te.<\/em><br\/><em>\u00ab Rapidement, la population a d\u00e9velopp\u00e9 une m\u00e9fiance vis-\u00e0-vis des ordinateurs et de l\u2019informatique, transformant le d\u00e9veloppement du web.<\/em><br\/><em>\u00ab Certaines nations ont profit\u00e9 de l\u2019opportunit\u00e9 pour fermer leurs fronti\u00e8res et mettre en place un r\u00e9gime politique plus radical.<\/em><br\/><em>\u00ab En 2004, les \u00c9tats du N\u00e9o-G20 se sont r\u00e9unis en un colloque exceptionnel afin d\u2019harmoniser une politique au niveau mondial concernant les r\u00e9seaux informatiques. Cette r\u00e9union a abouti \u00e0 la signature du World Shield Act, un accord fixant de mani\u00e8re rigide la cr\u00e9ation et l\u2019exploitation des syst\u00e8mes. \u00ab Ainsi, toute production non agr\u00e9\u00e9e de composants informatiques, de logiciels est interdite et l\u2019acc\u00e8s aux r\u00e9seaux est soigneusement r\u00e9glement\u00e9.<\/em><br\/><em>\u00ab Parall\u00e8lement, les gouvernements adh\u00e9rents au WSA ont cr\u00e9\u00e9 une Police sp\u00e9cialis\u00e9e disposant de moyens importants et de pouvoirs d\u2019intervention sans limites : les Angel\u2019s Squad&#8230; Les chefs d\u2019\u00c9tat peuvent ainsi r\u00e9aliser leur plus grand fantasme : contr\u00f4ler les populations. Croire que le Bug n\u2019\u00e9tait qu\u2019un accident rel\u00e8ve d\u2019une na\u00efvet\u00e9 enfantine. Nous avons le devoir de r\u00e9sister, de lutter pour d\u00e9truire cette police qui nous manipule sous pr\u00e9texte de nous prot\u00e9ger&#8230; \u00bb<\/em><br\/>\u00ab Stop lecture &#8230; Dinah, analyse de la source.<br\/><br\/>Chris Debien,\u00a0<em>L\u2019homme-qui-allait-sauver-le-monde<\/em>, 2014<\/div><noscript><div class=\"spoiler-body\">\u00ab D\u00e9marrage. \u00bb<br\/>L\u2019ordinateur moulina quelques secondes puis laissa appara\u00eetre l\u2019ic\u00f4ne de la clef.<br\/>\u00ab Ouverture. \u00bb<br\/>Un seul fichier: De Jaeger.<br\/>\u00ab Ouverture fichier, lecture. \u00bb<br\/><em>\u00ab Le 1er janvier 2000, le monde s\u2019est r\u00e9veill\u00e9 avec une sacr\u00e9e gueule de bois. Le Bug de l\u2019an 2000, proph\u00e9tis\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es par les plus grands ing\u00e9nieurs informatiques de la plan\u00e8te et n\u00e9glig\u00e9 par les gouvernements, s\u2019est finalement produit.<\/em><br\/><em>\u00ab En quelques heures, le chaos s\u2019est install\u00e9, se propageant au fil des r\u00e9seaux d\u2019information, entra\u00eenant l\u2019effondrement d\u2019une grande partie de l\u2019\u00e9conomie mondiale : de nombreuses entreprises ont \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9es de fermer leurs portes, les banques ont \u00e9t\u00e9 prises d\u2019assaut par des clients inquiets de perdre les \u00e9conomies d\u2019une vie&#8230; Un peu partout dans le monde des milliers de vies se sont \u00e9teintes dans des catastrophes a\u00e9riennes et ferroviaires tandis que certains c\u0153urs nucl\u00e9aires se sont mis \u00e0 fondre. \u00ab Durant quelques mois, les \u00c9tats ont \u00e9t\u00e9 contraints de se refermer sur eux-m\u00eames pour panser leurs plaies et contenir les \u00e9meutes qui \u00e9clataient aux quatre coins de la plan\u00e8te.<\/em><br\/><em>\u00ab Rapidement, la population a d\u00e9velopp\u00e9 une m\u00e9fiance vis-\u00e0-vis des ordinateurs et de l\u2019informatique, transformant le d\u00e9veloppement du web.<\/em><br\/><em>\u00ab Certaines nations ont profit\u00e9 de l\u2019opportunit\u00e9 pour fermer leurs fronti\u00e8res et mettre en place un r\u00e9gime politique plus radical.<\/em><br\/><em>\u00ab En 2004, les \u00c9tats du N\u00e9o-G20 se sont r\u00e9unis en un colloque exceptionnel afin d\u2019harmoniser une politique au niveau mondial concernant les r\u00e9seaux informatiques. Cette r\u00e9union a abouti \u00e0 la signature du World Shield Act, un accord fixant de mani\u00e8re rigide la cr\u00e9ation et l\u2019exploitation des syst\u00e8mes. \u00ab Ainsi, toute production non agr\u00e9\u00e9e de composants informatiques, de logiciels est interdite et l\u2019acc\u00e8s aux r\u00e9seaux est soigneusement r\u00e9glement\u00e9.<\/em><br\/><em>\u00ab Parall\u00e8lement, les gouvernements adh\u00e9rents au WSA ont cr\u00e9\u00e9 une Police sp\u00e9cialis\u00e9e disposant de moyens importants et de pouvoirs d\u2019intervention sans limites : les Angel\u2019s Squad&#8230; Les chefs d\u2019\u00c9tat peuvent ainsi r\u00e9aliser leur plus grand fantasme : contr\u00f4ler les populations. Croire que le Bug n\u2019\u00e9tait qu\u2019un accident rel\u00e8ve d\u2019une na\u00efvet\u00e9 enfantine. Nous avons le devoir de r\u00e9sister, de lutter pour d\u00e9truire cette police qui nous manipule sous pr\u00e9texte de nous prot\u00e9ger&#8230; \u00bb<\/em><br\/>\u00ab Stop lecture &#8230; Dinah, analyse de la source.<br\/><br\/>Chris Debien,\u00a0<em>L\u2019homme-qui-allait-sauver-le-monde<\/em>, 2014<\/div><\/noscript><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-inline-spoilers-block\"><div class=\"spoiler-wrap\"><div class=\"spoiler-head collapsed\" title=\"Expand\">\u00a0Document 6 (Enki Bilal)<\/div><div class=\"spoiler-body\" style=\"display:none\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"328\" class=\"wp-image-508\" style=\"width: 500px;\" src=\"https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Bilal.jpg\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Bilal.jpg 778w, https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Bilal-300x197.jpg 300w, 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1998<\/div><\/noscript><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-inline-spoilers-block\"><div class=\"spoiler-wrap\"><div class=\"spoiler-head collapsed\" title=\"Expand\">\u00a0Document 7 (Albert Bobida)<\/div><div class=\"spoiler-body\" style=\"display:none\"><img decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"788\" class=\"wp-image-532\" style=\"width: 500px;\" src=\"https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Robida.jpeg\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Robida.jpeg 812w, https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Robida-190x300.jpeg 190w, https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Robida-650x1024.jpeg 650w, https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Robida-768x1211.jpeg 768w, https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Robida-355x560.jpeg 355w, https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Robida-600x946.jpeg 600w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><br\/><br\/>Extrait de Albert Robida,\u00a0<em>Le vingti\u00e8me si\u00e8cle<\/em>, 1883<\/div><noscript><div class=\"spoiler-body\"><img decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"788\" class=\"wp-image-532\" style=\"width: 500px;\" src=\"https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Robida.jpeg\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Robida.jpeg 812w, https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Robida-190x300.jpeg 190w, https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Robida-650x1024.jpeg 650w, https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Robida-768x1211.jpeg 768w, https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Robida-355x560.jpeg 355w, https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Robida-600x946.jpeg 600w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><br\/><br\/>Extrait de Albert Robida,\u00a0<em>Le vingti\u00e8me si\u00e8cle<\/em>, 1883<\/div><\/noscript><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-inline-spoilers-block\"><div class=\"spoiler-wrap\"><div class=\"spoiler-head collapsed\" title=\"Expand\">Document 8 (Didier Graffet)<\/div><div class=\"spoiler-body\" style=\"display:none\"><img decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"635\" class=\"wp-image-529\" style=\"width: 500px;\" src=\"https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Graffet.jpeg\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Graffet.jpeg 1400w, https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Graffet-236x300.jpeg 236w, https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Graffet-806x1024.jpeg 806w, https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Graffet-768x976.jpeg 768w, https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Graffet-1209x1536.jpeg 1209w, https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Graffet-1000x1271.jpeg 1000w, https:\/\/www.arepo.xyz\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Graffet-441x560.jpeg 441w, 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Extraits de textes Fiche de pr\u00e9sentation 30 minutes Chaque groupe donne une d\u00e9finition et [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-528","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-lettres"],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.arepo.xyz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/528","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.arepo.xyz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.arepo.xyz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arepo.xyz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arepo.xyz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=528"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.arepo.xyz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/528\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":537,"href":"https:\/\/www.arepo.xyz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/528\/revisions\/537"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.arepo.xyz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=528"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arepo.xyz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=528"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arepo.xyz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=528"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}