
Cette section est consacrée à la communication, processus expérimenté par tous au quotidien, bien simple en apparence mais pourtant très complexe et même, à certains égards, mystérieux.
La communication est en effet bien plus qu’un simple échange de mots. Elle est le fondement de nos interactions sociales et personnelles. Elle est au cœur de la résolution des conflits, de la prise de décision, de la création de relations durables et de la transmission du savoir. Elle est également un domaine en constante évolution, influencé par la technologie et la culture de chacun.
En partant des principaux concepts théoriques qui sous-tendent la communication et quelques exercices, on pourra cerner un peu mieux les singularités et toute la richesse de la communication humaine.
Communication difficile…
Le premier exercice centré sur des extraits de films cherche à montrer, de façon ludique, ce qui peut mettre en danger et en péril la communication. En effet, dans la vie de tous les jours, il est rare de voir un message transmis sans quelque aléa ou interférence. Ce ne sont toutefois pas toujours les mêmes aspects du processus qui sont affectés d’un cas à l’autre. La série de videos devrait le mettre en évidence …
Le Schéma de la communication
Le schéma suivant, proposé pour la première fois par le linguiste russe Roman Jakobson, cherche à rendre compte de toutes les situations de communication que nous pouvons rencontrer dans la vie courante. L’avantage d’un tel modèle est de pouvoir non seulement rendre compte du fonctionnement du langage humain mais également de tous les autres processus de communication, des signaux de fumée des Indiens du far-west aux SMS actuels.
Le schéma se compose de six éléments principaux, qui sont :
- L’émetteur : C’est la personne qui émet le message, qui peut être un locuteur, un écrivain, ou toute autre source de communication.
- Le message : Il s’agit du contenu de la communication, c’est-à-dire les mots, les phrases, ou les signes utilisés pour transmettre l’information.
- Le recepteur (ou le « destinataire ») : C’est la personne qui reçoit le message et tente de le comprendre. Le destinataire peut être un auditeur, un lecteur ou toute autre personne recevant le message.
- Le code : C’est le système de signes et de règles qui permet la transmission et la compréhension du message. Le code peut être une langue particulière, un ensemble de symboles, ou tout autre système de communication.
- Le référent : C’est ce à quoi le message se réfère dans la réalité extérieure. En d’autres termes, c’est l’objet, la personne, le concept ou la situation dans le monde réel auquel le langage ou le message fait allusion.
- Le canal (ou le « contact ») : C’est le moyen physique ou technologique par lequel le message est transmis, tel que la parole, l’écriture, la gestuelle, ou d’autres formes de médiation.
Ce schéma met en évidence l’importance de ces six éléments pour comprendre comment la communication fonctionne et comment le sens est construit dans un échange linguistique.

A chacun des facteurs correspond une fonction. Autrement dit, tout message peut mettre plus ou moins l’accent sur un des six aspects proposés. On peut dès lors distinguer six fonctions différentes :
La fonction référentielle (correspondant au référent)
Elle est centrée sur le contexte ou référent. Le langage remplit cette fonction quand il évoque un élément de la réalité.
La fonction expressive (correspondant à l’émetteur)
Cette fonction est centrée sur l’émetteur. Elle se manifeste quand un locuteur exprime son émotion et son lien affectif par rapport à ce qu’il dit. (Ex : Oh! Comme je suis heureux de t’entendre !)
La fonction conative (correspondant au récepteur)
Elle est centrée sur le récepteur. On la rencontre lorsqu’un message vise à changer l’attitude du récepteur, du destinataire. On la reconnaît par exemple à l’emploi de l’impératif.
La fonction phatique (correspondant au canal)
Cette fonction sert simplement à établir la communication, à assurer le contact et l’attention entre les interlocuteurs. Prenons l’exemple du « allo » au téléphone qui ne vise qu’à indiquer que la ligne marche bien et que la conversation va pouvoir commencer.
La fonction métalinguistique (correspondant au code)
La fonction métalinguistique apparaît chaque fois que je m’assure que mes interlocuteurs partagent le même code. Autrement dit, quand je demande à mon interlocuteur « Qu’entends-tu exactement quand tu dis galetas ? » Je mets en œuvre la fonction métalinguistique.
La fonction poétique (correspondant au message)
Cette dernière fonction met l’accent sur le message lui-même et le prend comme objet. Il s’agit donc de mettre en évidence tout ce qui constitue la matérialité propre des signes, et du code. Il s’agit de tous les procédés poétiques tels que l’allitération (Ton thé t’a-t-il ôté ta toux), les rimes, mais aussi les jeux littéraires comme le lipogramme ou le palindrome.